15.6.11

La tête et les jambes, Exagonal (*), Juin 2011

(*) Exagonal est la revue éditée par l'Inter Centre CFE-CGC du groupe.
Demandez-la à vos resprésentants du Personnel.


Nos lecteurs les plus anciens ont certainement connu ce jeu télévisé des années 60 qui associait deux candidats. Un candidat dit « la tête » répondait à des questions pointues sur un thème très précis. En cas d'échec, un sportif de haut niveau « les jambes », intervenait en « repêchage » en devant effectuer une performance minimum afin que le binôme puisse rester en jeu.
Cette association illustrait tout l’intérêt du collectif, chacun étant spécialisé dans son domaine.
Dans les années 70, une variante du jeu voit le jour : Cavalier seul.
Le nom à lui seul veut tout dire !


Dans cette variante le candidat était à la fois, « la tête » et « les jambes ». Fini le collectif, plus de partage, et surtout, moins de performance.


Nos dirigeants ne se seraient-ils pas inspirés de ces jeux pour inventer

« Le Cœur de Métier » ?


Cela vous dit-il quelque chose ?


Sûrement, et pour le coup, même les plus jeunes savent très bien de quoi il s’agit, tellement le terme s’est banalisé. Mais à bien y regarder, le cœur de métier c’est quoi ? Ca dépend ! un jour vous en faites partie et le lendemain vous en êtes exclu pour gagner en compétitivité nous dit-on !


Sauf qu’un cœur seul, qu’il soit petit ou gros, ça ne sert pas à grand chose. C’est uniquement associé à une tête, des bras et des jambes que l’ensemble ainsi constitué a vraiment tout son sens.


En se replaçant dans le contexte de l’entreprise, que penser de nos directions qui voudraient nous faire croire que pour avancer plus vite, il faut se séparer de nos fonctions supports qui ne sont pas, ou plutôt qui ne sont plus, notre cœur de métier ?
Manchot et de surcroît cul-de-jatte, nous deviendrions ainsi plus compétitif !?


A la CFE-CGC, nous sommes persuadés que les fonctions supports sont indispensables au bon fonctionnement de nos structures, et notamment de notre cœur de métier. Qu’on nous coupe les bras et les jambes et qu’on les remplacent par toutes sortes de prothèses, qu’on externalise nos fonctions support vers des entités qui ne connaissent pas et ne connaîtrons jamais nos modes de fonctionnement et nos métiers si particulier, tout cela ne fera qu’alimenter de nouvelles sources de stress, comme si on en manquions !

Nous ne reprocherons jamais à nos directions de faire marche arrière. Mais en s’obstinant à vouloir externaliser à tout va, sans tenir compte des expériences malheureuses d’autres entreprises, voire de nos concurrents, nous craignons d’être rapidement confrontés à des difficultés insurmontables.

A l’occasion de l’ouverture des JO de 1896, le baron Pierre de Coubertin donnait tout son sens au précepte latin « Mens sana in corpore sano », un esprit sain dans un corps sain.

Aujourd’hui, si notre groupe veut rester dans la compétition mondiale tel un sportif de haut niveau, il serait grand temps que ses dirigeants reviennent à ces fondamentaux afin de repartir du bon pied (bon œil !) avec des principes de bon sens.


Dans le cas contraire, il ne nous restera plus qu’à demander à Grand Corps Malade de nous écrire quelques vers de slam à la mémoire de nos financiers aujourd’hui sans scrupule et en perte de bon sens… .

0 commentaires: